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La Situation financière des entreprises en 2024 - Un rapport de la BdF

Expertise Finance

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21/11/2025

La situation financière des entreprises en 2024 (Banque de France, nov. 2025) — ce qu’il faut retenir

 

1) Une résilience réelle… mais dans un contexte d’activité qui ralentit

  • L’étude exploite 1,79 million de bilans (≈ 90% des effectifs et de la VA des entreprises françaises) : c’est une photo très robuste du tissu productif.
  • En 2024, la croissance du chiffre d’affaires se tasse nettement : +2,9% (micro), +1,8% (PME hors micro), +0,7% (ETI) et -1,9% (grandes entreprises, notamment via l’énergie).
  • Point intéressant : la valeur ajoutée résiste mieux que le CA (PME +3,0%, ETI +3,7%, GE +6,0% malgré un CA en baisse), en partie via des achats d’intrants plus contenus et une gestion des stocks.

 

💪 2) Marges : ça tient et c’est un vrai “filet de sécurité”

  • Le taux de marge (EBE/VA) résiste : légère hausse pour les micro, stable pour les PME et ETI, léger recul pour les grandes entreprises.
  • Deux facteurs cités : la poursuite de la baisse des impôts de production (dont la réforme de la CVAE) et le ralentissement des hausses de salaires.

 

🧾 3) Endettement : tendance favorable mais la charge d’intérêt reste un sujet

  • Les taux d’endettement (brut et net) diminuent globalement, portés par un renforcement des capitaux propres (ordre de grandeur : +4% à +8% selon tailles).
  • Les taux des nouveaux prêts amorcent une baisse en 2024 mais le coût apparent de la dette continue de monter (effet d’inertie).
  • Point structurel clé : environ 65% de dette à taux fixe et des maturités plutôt longues → amortisseur face aux chocs de taux, mais pas immunité.
  • En lecture “risque” : les charges d’intérêt nettes / VA restent au niveau pré-Covid pour les PME ; la hausse est modérée mais réelle pour ETI (+1,2 pt) et GE (+0,8 pt) entre 2019 et 2024.

 

💧 4) Trésorerie : toujours au-dessus du pré-Covid malgré une légère érosion

  • La trésorerie recule un peu entre 2023 et 2024 (≈ 1 à 2 jours de CA pour plusieurs tailles) mais reste clairement supérieure à 2019.
  • En médiane (jours de CA) entre 2019 et 2024 : micro +20%, PME +26%, ETI +28%, GE +8%.
  • Par secteurs, la trésorerie 2024 reste au-dessus de 2019 quasiment partout (industrie, construction, services B2B…) mais avec de fortes disparités.
  • Paradoxe relevé : les dirigeants perçoivent leur trésorerie moins favorable qu’avant-Covid car le “niveau jugé nécessaire” aurait augmenté (incertitude + héritage PGE).

 

⚠️ 5) Le signal à surveiller : la capacité de remboursement se dégrade légèrement

  • La cotation Banque de France montre une baisse de la part des “meilleures cotes” entre 2023 et 2024 : micro 63% → 62%, PME 61% → 59%, ETI 65% → 62%, GE 68% → 66%.
  • La dégradation est sectorisée : elle est plus marquée dans la construction et le transport, et aussi dans l’industrie manufacturière et l’immobilier.
  • La part des PME très fragiles (cotes 7–8) se stabilise en 2024 mais à un niveau un peu supérieur à l’avant-Covid ; ETI/GE restent marginales sur ce segment.

 

Pourquoi c’est utile pour les membres du Club Finance

Parce que ce document fournit une grille de lecture directement intéressante que l'on peut confronter aux décisions à prendre en 2025–2026 :

  1. Crédit / risque : il explique pourquoi on peut avoir des ratios moyens solides (marges, cash, endettement) tout en voyant monter des signaux de fragilité (cotation, bas de distribution, secteurs sensibles).
  2. Lecture sectorielle actionnable : construction, transport, industrie, immobilier ressortent comme zones où la capacité de remboursement se détériore le plus → utile pour politiques d’octroi, limites, pricing, covenant.
  3. Trésorerie et BFR : trésorerie encore haute mais perception dégradée et incertitude → bon rappel que le sujet “liquidité” redevient central (lignes CT, affacturage, arbitrages capex/opex).
  4. Taux et structure de dette : la part élevée de taux fixe et la maturité longue amortissent mais le coût apparent reste en hausse : c’est exactement le type de mécanique à intégrer dans les scénarios 2025.

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